Le CAC 40 à l’assaut des smart grids

Comme le secteur des smart grids représente un gâteau appétissant (un marché mondial de 20 milliard de dollars par an selon Cisco), les entreprises du CAC 40 se mettent en ordre de bataille pour y goûter. On remarque des initiatives de la part des mastodontes des trois secteurs complémentaires de l’industrie des smart grids:

  1. les ‘Utilities’ (GDF-Suez, EDF),
  2. les équipementiers (Areva, Alstom, Schneider Electric, ST Microelectronics, Gemalto) 
  3.  les sociétés de services et d’équipements informatiques (Cap Gemni, Alcatel-Lucent, Atos – hors CAC).

1. Nous avons déjà évoqué l’initiative d’EDF qui investit dans le domaine du ‘smart metering’ via sa filiale ERDF (cf. l’article à propos de Linky). GDF-Suez n’est pas en reste en particulier aves sa filiale Electrabel qui participe à un consortium smart grid en Belgique.

2. Les équipementiers sont les plus actifs pour se positionner pour ce marché. En premier lieu bien sûr ceux dont les réseaux électriques sont le cœur de métier : Alstom, Areva t&D et Schneider Electric. Ces trois entreprises n’en formeront désormais que deux depuis l’approbation en décembre dernier du rachat d’ Areva T&D par les deux autres. La présentation faite à la presse en décembre dernier mettait en évidence, dès les premiers slides, les smartgrids comme point focal des enjeux économiques de cette fusion. Par ailleurs, Schneider Electric multiplie les actions pour apparaître comme incontournable sur le sujet: encourageant la maîtrise de la consommation des ‘data centers’ ou proposant une offre de ‘centrale électrique virtuelle’ pour les bâtiments industriels ou commerciaux.

Les entreprises manufacturières de composants électroniques sont aussi sur les rangs: Gemalto vient de gagner un prix smartgrid pour un système de sécurisation des compteurs intelligents, et ST Microelectronics intègre ses composants dans les boitiers de smart metering en Espagne.

3. Mais l’actualité est aux entreprises du monde informatique et télécom qui veulent devenir  des partenaires incontournables. Après Alcatel-Lucent qui propose une offre dédiée, les deux géants français de l’informatique, Atos Origin et Cap-Gemini, ont annoncé la création de structures dédiées aux smartgrids. Le 18 mars dernier, Cap Gemini annonçait la création du pôle “Smart Energy Services” , quant à Atos Origin, la création de sa filiale “Atos Worldgrid” a été très remarquée cette semaine.

Enfin, d’autres entreprises industrielles du CAC 40 pourraient entrer dans la danse dans les prochaines années. En premier lieu les constructeurs automobiles Renault et PSA ne peuvent omettre ce sujet dans leurs réflexions sur le véhicule électrique. Mais aussi France Telecom qui marcherait volontiers sur les plates-bandes des fournisseurs d’électricité selon le blog electronlibre.info.

Reste à savoir comment ces trois groupes (‘utilities’, équipementiers et informatique) travailleront en commun et qui pourrait devenir le fer de lance de la filière française ou européenne des réseaux intelligents. Les entreprises qui réussiront à s’imposer sur le marché américain auront un avantage décisif car, aujourd’hui, les Etats Unis restent très en avance pour les investissements et l’innovation dans les smart grids.

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